De la responsabilité de Salvador Allende dans le coup d’État de 1973

La gauche a beaucoup de nostalgie pour la figure de Salvador Allende et son gouvernement socialiste, et il faut bien sûr dénoncer la violence du coup d’État et la “guerre sale” menée par Pinochet et CONDOR contre la gauche chilienne à partir du 11 septembre 1973. Mais Salvador Allende avait une grande part de responsabilité dans la déstabilisation du Chili, déstabilisation qui a permis le coup d’État. Ce n’est pas uniquement la faute à la CIA et aux “gremios”.

En effet, Salvador Allende a financé ses dépenses sociales, les salaires des fonctionnaires par exemple, en… faisant massivement tourner la planche à billets. En résulte une augmentation de la quantité totale de monnaie en circulation de 173 % en 1972 à 413 % en 1973. Il ne faut pas s’étonner que le pays ait connu une hyperinflation avec un taux d’inflation de 225 % en 1972 et de 606 % en 1973. C’est une simple application de la théorie quantitative de la monnaie, qui dit que MV = PT : la masse monétaire multipliée par la vitesse de circulation de la monnaie est toujours égale au niveau des prix multiplié par le volume des transactions. Une hausse de la masse monétaire peut ne pas entraîner de hausse des prix que lorsque le volume des transactions augmente aussi, c’est-à-dire que la croissance économique le justifie. V, la vitesse des transactions, est considéré comme fixe mais pourrait également augmenter en cas de panique causée par l’hyperinflation, ce qui viendrait renforcer la hausse des prix.

Aucune hausse du volume des transactions ne justifiait la politique d’émission monétaire du gouvernement chilien. En simple et bonne application de la théorie quantitative de la monnaie, elle a donc entraîné une crise d’hyperinflation. Toutes les personnes bénéficiant des hausses de salaires permises par l’émission monétaire se précipitant vers des magasins aux stocks limités, ceux-ci ne peuvent qu’augmenter les prix, et c’est la pénurie. C’est exactement ce qui s’est passé au Chili, et cela a considérablement affaibli le gouvernement de l’Unité Populaire.

La gauche doit être lucide sur ce bilan et ne pas le repeindre entièrement en rose. Je condamne l’idéologisme qui consiste à passer cela sous silence lorsque l’on parle du Chili d’Allende.

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